Le syndrome de l’hyperesthésie féline

hyperesthésie féline

Définition et épidémiologie du syndrome d’hyperesthésie

Le syndrome d’hyperesthésie féline est encore peu connu à ce jour, bien qu’il s’agisse d’un phénomène assez impressionnant pour le propriétaire du chat atteint. L’hyperesthésie se définit comme une sensibilité exacerbée des différents sens. Ce syndrome semble mieux décrit aux Etats-Unis, mais il est encore partagé entre les dermatologues, les neurologues et les comportementalistes par ses origines possibles multiples.
D’un point de vue épidémiologique, ce phénomène d’hyperesthésie toucherait plutôt les jeunes chats adultes, quel que soit leur sexe.
Certaines races sembleraient plus touchées : Abyssins, Burmeses, Persans, Siamois…

Manifestations de l’hyperesthésie féline

Les manifestations sont assez variées et peuvent être de différentes natures, occasionnelles ou bien continues. Le chat atteint de ce syndrome d’hyperesthésie peut présenter quelques-uns ou bien tous les symptômes.
Lors d’une crise, on peut observer des spasmes de la peau du dos, comme un « roulement », c’est ce que l’on appelle en anglais « rolling skin syndrome » (syndrome de la peau qui roule)*.
Les pupilles du chat sont dilatées et le regard paniqué pendant la crise, le chat peut fixer un point en particulier (souvent c’est sa queue qui présente des mouvements saccadés et semble inconfortable). Le chat peut parfois aller jusqu’à attaquer sa propre queue.
Il peut partir ensuite très brusquement en courant comme s’il était poursuivi ou attaqué par quelque chose.
On peut observer un léchage frénétique, en particulier des zones du dos, de la base de la queue, des pattes et des flancs… Le chat peut se gratter de manière acharnée.
Le chat atteint ne supportera pas qu’on lui touche le bas du dos ou la base de la queue, il peut présenter une intolérance au toucher.
En période de crise, le comportement du chat est modifié, il peut présenter de l’agressivité, des miaulements inexpliqués, ou bien rester caché pendant des jours…

*Attention : le terme rolling skin syndrome n’est donc pas synonyme d’hyperesthésie, il s’agit d’un symptôme de l’hyperesthésie.
Si ces spasmes de la peau du dos sont le seul et unique signe observé on ne parle pas forcément d’hyperesthésie. En effet le rolling skin syndrome est une contraction des muscles peauciers du dos qui peut être un signe clinique de plusieurs maladies (hyperesthésie, infestation par les puces, autres affections dermatologiques prurigineuses) ou être une activité de substitution (activité de remplacement qui survient lorsque l’animal est stressé, par exemple : se lécher, se gratter, grignoter).

Lien vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=sV4WCeEZ2to

Origines de l’hyperesthésie féline

Les causes du syndrome d’hyperesthésie chez le chat sont encore floues. On peut classer les possibles origines en plusieurs catégories : causes dermatologiques, causes neurologiques, causes musculo-squelettiques, causes comportementales ou autres causes.
Parmi les hypothèses dermatologiques, citons les allergies alimentaires, la dermatite allergique aux piqûres de puces, ou tout autre parasite de la peau, les infections de la peau…
Parmi les causes neurologiques, on peut évoquer un syndrome épileptique : les crises d’hyperesthésie s’apparenteraient alors à des crises convulsives partielles. On peut également parler d’une atteinte cérébrale ou de la moelle épinière infectieuse, tumorale, ou inflammatoire…
Dans les causes musculo-squelettiques on peut envisager les myosites par exemple.
Une composante comportementale n’est pas à exclure : stress, troubles de type obsessionnel compulsif…
Enfin on peut envisager des carences alimentaires si l’alimentation n’est pas de bonne qualité, une exposition à des matières toxiques ou un empoisonnement (produits ménagers, chimiques, peintures, etc…), un dysfonctionnement thyroïdien, des séquelles de vaccination ou d’anesthésie…