Quelles sont les particularités de l’épilepsie du chat ?

épilepsie du chat

Auteur : Dr Stéphanie PIAZZA, DMV, Dip. ECVN

Tout comme chez le chien, les crises épileptiques du chat surviennent suite à des décharges électriques – sorte de « court-circuit » au niveau du cerveau – conduisant à toutes sortes de signes extérieurs que l’on observe (convulsions, hallucinations, tremblements, émission de bave ou d’urines…). Les crises sont dites généralisées (l’entièreté du corps du chat est atteinte et il perd connaissance) ou partielles (seule une partie du corps est atteint et l’état de conscience du chat peut être normal). Chez le chat, cette forme de crises (les crises partielles) sont plus fréquentes que chez le chien.

Cela peut se manifester de très nombreuses manières, par exemple :

• un chat qui semble apeuré, qui semble voir des choses qui n’existent pas, qui est agressif, qui a les pupilles dilatées sans raison

• un chat qui bave, qui a des trémulations des babines / des moustaches

• un chat qui se comporte bizarrement et urine sous lui (alors qu’il n’est habituellement pas malpropre)

• etc

Ces crises partielles ont une durée limitée dans le temps et surviennent par épisodes. Le chat étant souvent normal entre ces épisodes. Ce type de crises, bien que moins impressionnant que les crises généralisées, sont tout aussi sérieuses et nécessitent une prise en charge rapide. Il existe aussi, de façon beaucoup plus rare, ce qui s’appelle des crises reflexes audiogéniques, c’est-à-dire qui sont déclenchées par certains sons.

Tout comme chez le chien, les causes possibles de ces crises sont de 3 types (voir fiche « Quelles sont les origines de l’épilepsie du chat ? ») :

1) Les crises épileptiques

réactives dont les plus fréquentes chez le chat sont les intoxications (par exemple la perméthrine contenue dans certains antiparasitaires pour chiens qui est extrêmement dangereuse pour les chats), l’insuffisance hépatique (quand le foie fonctionne mal), l’hypoglycémie (le plus souvent due à une trop forte dose d’insuline chez un chat diabétique), l’hypertension artérielle, etc…

2) L’épilepsie structurale

qui semble être la cause la plus fréquente chez le chat (selon plusieurs études). Les anomalies cérébrales responsables des crises sont le plus souvent d’origine tumorale (une tumeur cérébrale : méningiome, lymphome, etc), inflammatoire (méningo-encéphalite dont l’origine peut être infectieuse : PIF (péritonite infectieuse féline), toxoplasmose etc ou non infectieuse) ou secondaire à des malformations de naissance (hydrocéphalie par exemple). Ce type d’épilepsie sera plus fréquent chez les jeunes chatons ou chez les chats plus âgés (plus de 7 ans).

3) L’épilepsie idiopathique :

aucune cause n’est mise en évidence par les examens réalisés (voir fiches « Analyses sanguines chez le chat épileptique », « Faut-il faire un scanner ou une IRM à mon chat épileptique ? » et « Quand et pourquoi faire une ponction de liquide cérébrospinal (LCS) à mon chat épileptique ? »). Bien que ce type d’épilepsie semble moins fréquente que chez le chien, elle existe chez le chat et sera plus probable chez des chats de moins de 7-8 ans.

En ce qui concerne les traitements, ils sont assez similaires aux traitements utilisés chez le chien, à l’exception du bromure de potassium qui présente des effets secondaires pulmonaires suffisamment sérieux et fréquents chez le chat pour ne pas l’utiliser dans cette espèce.